Candidatures unitaires 31
 

Compte-rendu des assises

Publié le 3 avril, modifié le Décembre 2007 par Sylvie

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5 personnes des collectifs de Haute-Garonne étaient présentes aux assises du 1 et 2 décembre 2007, 3 de Toulouse centre et 2 de Tournefeuille (pas de parité : 100 % de filles). Ce compte-rendu est celui de Sylvie du collectif de Tournefeuille

Samedi 1 décembre

Généralités :

Près de 300 personnes participantes, représentant 97 collectifs (22 de la région parisienne et 75 de la province, ceux-ci répartis sur 42 départements).

Débat sur l’ordre du jour proposé par le secrétariat.

Une forte demande s’exprime pour l’inversion de l’ordre du jour : débattre de la structure du mouvement avant d’entamer le débat sur le projet politique.

Argument pour : le fonctionnement actuel du mouvement n’est pas satisfaisant. Chaque fois qu’on essaye d’en parler, on n’a pas le temps et depuis des mois on fonctionne comme ça. Les assises sont l’occasion de s’emparer en fin du sujet et de décider ensemble comment on veut véritablement fonctionner.

Argument contre : à quoi sert de débattre de structure si nous ne nous sommes pas mis d’accord d’abord sur le projet politique ?

Après argumentations et vote, l’ordre du jour a été inversé.

Les collectifs Paris 14-18 demandent que leur motion (sur les états généraux) soit votée en priorité.

Argument pour : cette motion est particulièrement importante.

Argument contre : cette motion est aussi importante que les autres et ne doit pas subir de traitement particulier.

Après argumentations et vote, il a été décidé que la motion sera votée avec les autres, à l’issue du débat politique.

Débat sur la structure du mouvement

Plusieurs points ont été abordés :

- souveraineté réelle des collectifs,

- fonctionnement plus démocratique,

- introduction de la notion de tirage au sort pour désigner des représentants à divers niveaux,

- un homme/femme = une voix ou un collectif = une voix,

- double appartenance,

- quelle légitimé a la coordination puisque tous les collectifs n’y sont pas représentés et que ceux qui sont représentés ne le sont pas de façon égale (0, 1 ou 2 délégués),

- rôles du CNA (Collectif National d’Animation) et du secrétariat,

- transparence des débats et réelle participation des militants de base des collectifs,

- Paris et province,

- outils de communication (notamment internet).

Les débats ont été très riches. Sur certains sujets, toutes les interventions concordaient, sur d’autres, il y avait des désaccords. Un groupe de synthèse s’est réuni le soir pour rédiger une nouvelle charte de fonctionnement sur la base des amendements proposés par les collectifs d’une part et des débats de la salle d’autre part.

Débat sur le programme politique

Plusieurs points ont été abordés :

- créer ou pas un nouveau parti politique,

- les états généraux et de manière générale les relations avec les autres organisations,

- la place de l’écologie,

- anti-productivisme ou pas.

Là aussi les débats ont été très riches, et aussi plus houleux. Sur chaque sujet, des positions diverses se sont exprimées, avec parfois des désaccords réels.

Exemple : une seule personne a exprimé le désir de créer un nouveau parti ; la plupart des intervenants souhaitaient créer un mouvement indépendant, qui ne serait pas un parti ; mais pour certains, qui ne souhaitent par créer un nouveau parti, la suspicion est forte que même ceux qui déclarent le contraire souhaitent un nouveau parti. Ils refusent donc toute structuration qui pourrait faire croire au PC ou à la LCR qu’il s’agit de créer un parti, même si celui-ci n’est pas nommé.

Un groupe de synthèse s’est réuni le soir pour rédiger le texte politique sur la base des amendements proposés par les collectifs d’une part et des débats de la salle d’autre part.

Nuit du 1 au 2 décembre

Groupe de synthèse « fonctionnement »

Le travail a duré des heures, dans une ambiance studieuse et dans un esprit ouvert et collaboratif.

Le groupe était composé de 27 personnes au début et de 12 personnes environ à la fin. La réunion s’est arrêtée, inachevée, vers 4 heures du matin.

Tous les sujets ont été débattus.

Un préambule sera joint à la nouvelle charte. Il a été intégralement réécrit en commission, en y intégrant tous les apports des uns et des autres, dans le sens voulu également par les interventions de la salle pendant les débats du matin.

Le travail sur les amendements a été très long. Chaque amendement a été largement discuté et la plupart ont été accepté, car ils allaient presque tous dans le sens de plus de démocratie, de fonctionnement plus clair, renforçant le rôle des collectifs et des militants.

Nous avons notamment pris le temps de bien comprendre quelles sont les taches à effectuer de manière à redéfinir complètement le mode de fonctionnement, les rôles respectifs des collectifs, coordinations locales, coordination nationale, CNA et secrétariat ainsi que les articulations entre eux et le mode de désignation des membres des uns et des autres.

Nous avons aussi beaucoup discuté des outils internet à la fois pour améliorer la communication et le fonctionnement démocratique.

- Communication interne horizontale entre les collectifs et communication verticale entre les différentes structures du mouvement : collectifs, CNA, secrétariat, commissions…,

- Espace débat structuré sur le site internet national pour permettre l’expression des collectif et les expressions minoritaires, dans le souci de travailler le consensus,

- Eventualité de mise en place de moyens de décision en complément d’autres moyens pour permettre autre chose que le seul vote des délégués présents en fin de réunions lors des coordinations nationales.

Nous sommes arrivés à nous mettre d’accord sur la plupart des sujets soulevés, mais pas sur tout. Certains points restent donc en débat :

- un homme/femme = une voix ou un collectif = une voix,

- quelle légitimé a la coordination puisque tous les collectifs n’y sont pas représentés et que ceux qui sont représentés ne le sont pas de façon égale (0, 1 ou 2 délégués),

- financement du mouvement (cotisation ?).

Faute de temps, il n’a pas été possible de réécrire intégralement la nouvelle charte. Le texte de charte sorti des assises est donc un mélange de la nouvelle charte (préambule et les articles du début) et de l’ancienne (mélange des deux au milieu et ancien texte à la fin).

Il a donc été décidé de proposer à la coordination de créer une commission « fonctionnement » à l’issue des assises dont le mandat serait de terminer la rédaction de la nouvelle charte en s’appuyant sur les travaux de la commission de cette nuit. La commission aura également la charge de relancer dans les collectifs le débat sur les points qui n’ont pas fait consensus.

Cette proposition a été votée le lendemain en coordination et la commission a été créée.

Il a également été décidé de proposer à la coordination de créer une commission « communication et internet » à l’issue des assises dont le mandat serait de définir de façon très concrète quelle communication et quels outils internet mettre en place pour permettre ce qui a été décidé en commission. Le rapport de cette commission sera annexé à la nouvelle charte. Cette proposition a été votée le lendemain en coordination et la commission a été créée.

Groupe de synthèse « politique »

Nadine de Tournefeuille et les déléguées de Toulouse centre ont participé à cette commission, elles en feront donc le compte-rendu.

Dimanche 2 décembre

Présentation des synthèses

Les rapporteurs des deux commissions ont fait part des travaux de la nuit.

Fonctionnement

Les débats qui ont suivi n’ont pas changé le projet de charte de fonctionnement. La création d’une commission chargée de continuer le travail a été votée. C’est ainsi que nous appliquons la nouvelle charte qui propose la création de commissions de travail par la coordination nationale en fonction des besoins.

La commission est autonome.

Le nombre de ses membres dépend du sujet à traiter (20 pour la commission fonctionnement).

Ces membres sont désignés sur la base du volontariat parmi l’ensemble des membres des collectifs, avec tirage au sort s’il y a plus de volontaires que de membres souhaités.

La commission s’appuie pour son travail sur des « experts » de son choix (ici, les participants à la commission de travail de la nuit des assises).

Elle anime le débat auprès des collectifs et intègre leurs apports dans son rapport.

Elle publie son rapport 3 semaines avant la prochaine réunion de coordination nationale de manière à ce que tous les collectifs puissent en prendre compte et en débattre avant la prochaine réunion de coordination. Ainsi les collectifs peuvent mandater leurs délégués valablement pour approuver les travaux lors de la coordination (ou soumettre des remarques avant la coordination en cas de problème ou de désaccord).

Projet politique

Le projet politique a été débattu et les points de désaccord ont été votés un par un pas la salle. Chaque vote était précédé d’une présentation de l’amendement en question (si possible par le délégué du collectif qui l’a présenté) suivi d’une argumentation contre.

Les débats étaient longs et parfois houleux. Le nouveau texte politique, intégrant les amendements votés, a été envoyé depuis aux collectifs par le secrétariat.

Nom du mouvement

Le nom Cap à Gauche, qui a réuni le plus de suffrages avant les assises, a été proposé au vote.

Toutefois, lors du débat dans la salle, beaucoup de délégués ont exprimé de grosses réticences vis-à-vis de ce nom.

Le vote était majoritairement pour l’adoption de ce nom, mais il n’y avait pas de majorité qualifiée :

Selon la nouvelle charte de fonctionnement, nos décisions doivent se prendre au consensus. A défaut de consensus, le débat doit être renvoyé dans les collectifs et dans un espace internet dédié qui permet également l’expression minoritaire. A la suite de ce débat prolongé (3 mois) soit un consensus se dégage, soit on procède à un vote à majorité qualifiée : 66.66 % des votes exprimés et 50 % des présents qui s’expriment. On peut aussi utiliser ce mode de vote sans relancer le débat dans les collectifs s’il y a urgence.

Donc, pour le nom du mouvement, il y avait majorité qualifiée si on ne prend pas en compte les abstentions, mais pas de majorité qualifiée si on compte les abstentions. Comme nous n’avions pas précisé le statut des abstentions (la commission fonctionnement le fera), nous avons voté une seconde fois, en demandant à ceux qui se sont abstenu la première fois de s’exprimer. Le second vote était encore moins majoritaire que le premier. Le nom n’a donc pas pu être choisi et le débat est renvoyé aux collectifs.

Il y aura un espace internet pour soumettre des nouvelles propositions et pour réagir aux propositions des uns et des autres. La prochaine coordination tranchera.

Motions

Plusieurs motions ont été votées :

- pour les états généraux,

- soutien à un faucheur volontaire récidiviste qui risque la prison,

- suite aux événements de Villiers le Bel,

- diverses autres motions d’actualité,

- texte d’appel…

Toutes les motions ont été votées et ont été envoyées par le secrétariat aux collectifs.

Interventions des invités

Les représentants du PC et de la LCR étaient venus pour faire une intervention, mais vu le retard pris par nos débats ils sont repartis sans nous parler. Leurs interventions devraient être publiées sur internet.

D’autres intervenants ont attendu et ont parlé devant la salle :

- Jean-Jacques Boilaroussie, pour les Alternatifs,

- Francine Bavey, pour les Alter Ekolos,

- Christian Stunt, pour les Objecteurs de Croissance,

- Nordine, pour les quartiers populaires,

- Un représentant de PRS.

José Bové est également intervenu, mais pas en tant qu’invité. Il a juste pris en tour de parole pendant les débats en plénière, comme simple participant. Son intervention, très unitaire, a été très appréciée.

Nadine et les déléguées de Toulouse Centre complèteront si j’ai oublié quelqu’un ou quelque chose.

Mon appréciation personnelle :

C’était des assises difficiles et intéressantes, avec une participation importantes et des enjeux perçus comme tels également. On voyait bien que tous les délégués présents prenaient très à cœur leur rôle et souhaitaient le succès de ses assises.

Au final, on peut constater d’énormes avancées, notamment au niveau du fonctionnement futur de notre mouvement. Nous sommes en train de créer un mouvement vraiment nouveau, de type fédéraliste, avec une forte autonomie de la base, peu de pyramidal et la mise en place d’outils horizontaux de discussion, de partage, d’échange d’idée, d’aide à la décision…

Il y a là une gageure, car tout le monde n’est pas convaincu que le pouvoir peut s’exercer à la base, sans « chef » donnant des instructions venues d’en « haut ». A nous de faire en sorte que ça marche, en nous investissant à tous les niveaux, dans les collectifs, les coordinations, les commissions de travail, le CNA et le secrétariat : tout pourra se faire à distance dès que seront mis en place les outils.


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